Journal théâtral de Tobias M. Visse

Journal théâtral de Tobias M. Visse

Ecrire à ses idoles

"Avoir des idoles donne la foi de continuer." - citation de la rencontre avec le NTP (30/01/25)

 

20250209_190924

 

 

L'artiste se nourrit du travail des autres pour avancer, car on ne peut créer sans rien sur quoi se baser. Si la fameuse citation de Lavoisier "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme" est valable en chimie, elle l'est aussi en Art. Voilà pourquoi il ne faut pas avoir honte de s'inspirer du travail des autres pour soi-même créer (sans pour autant tomber dans le plagiat : il y a une grande différence entre les deux… !), et voilà pourquoi il faut honorer ses "idoles".

 

Honorer ses idoles peut passer par le fait de leur écrire. Alors, oui, dans mon cas, une grande majorité de ces idoles nous ont quittés depuis belle lurette, mais écrire ne veut pas dire envoyer. Il y a quelque chose de cathartique dans le fait de s'adresser à l'objet admiré, sans filtre, sans honte. Oser dire, se confier, puisque l'autre ne répondra que dans notre imagination fébrile. Est-ce qu'on appelle la liberté ? 

Si je me permets d'écrire des phrases comme "Je ne te ressemble pas parce que je t'admire. Je t'admire parce que je te ressemble," c'est bien parce que l'objet ne lira jamais ce que je lui adresse. Et pourtant, je m'autorise à lui parler à travers le filtre de l'irréel. Une discussion inégale ? Peut-être. Je ne le vois pas comme tel. Chaque mot écrit à l'objet est une réflexion posée, une importance accordée à certaines pensées.

 

L'humain, beaucoup l'ont déjà remarqué, a besoin d'un dieu pour vivre, pour se trouver un but. Mais, le dieu n'est pas (forcément) Dieu au sens religieux de terme. Si certains ont bel et bien attribué ce rôle à la religion, le dieu dont je parle est quelque chose de plus large encore. Au même titre que chacun a ses propres démons, chacun aura son propre dieu (ou ses propres dieux), puisque ce dieu n'est ni plus ni moins que la chose qui donnera un sens à la vie. Pour moi, le dieu est le théâtre et les Arts, et les idoles découlant de ce dieu... Vous les connaissez déjà. Ainsi, écrire à ses idoles fait office d'une prière au dieu personnel et athée de l'écrivain encore caché dans l'ombre.

 

(De plus, ces lettres inavouables serviront peut-être un jour (qui sait) pour préparer de réelles discussions avec ces personnages.)

 



15/03/2025
7 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au site

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 9 autres membres