LA TENDRESSE, mis en scène par Julie Berès
LA TENDRESSE, de et par Julie Berès, est une pièce centrée sur les stéréotypes de genre, ici masculins. Il s'agit de la deuxième partie d'un duo de pièces, la première étant sur les stéréotypes féminins (DÉSOBÉIR).
Ce spectacle se penche sur quelque chose d'assez tabou, la possibilité pour les hommes d'être tendres, doux, précieux, eux qui se cachent derrière une carapace dure et "virile".
Chaque personnage amène plusieurs points de vue et plusieurs stéréotypes associés, comme "la danse classique, c'est pédé", "un homme ne doit pas pleurer", etc. L'intrigue met aussi à l'honneur la vision violente des hommes, notamment au travers d'une scène de guerre réaliste et mortelle, où chacun meurt peu à peu, mais aussi au travers du personnage du danseur, qui dit (sans pression) qu'il a violé / agressé sexuellement une femme... Ici, on remet en question cette banalisation, dans une époque où le mouvement #MeToo bat son plein, et où la parole féminine se libère enfin (libération aussi représentée par le seul personnage féminin qui trouve le courage d'assumer qu'elle est bien une femme, malgré la pression qui lie les femmes à une certaine fragilité à laquelle elle souhaite échapper).
La mise en scène joue sur cette violence et cette froideur que le patriarcat plaque sur les hommes, avec la musique stéréotypiquement masculine (Bande Organisée) et avec le choix d'un bunker, décor très industriel. C'est de cette vision qu'on essaye d'échapper, avec ce spectacle. Et on y arrive ! Le bunker s'ouvre alors sur un intérieur floral : la fameuse TENDRESSE, tant recherchée. Cette évolution est aussi montrée par les costumes. En effet, les personnages débutent habillés comme on imagine les hommes ("de cité"), et finissent avec des vêtements plus "féminins", selon ces stéréotypes (une robe, des talons, des chaussons de danse classique...).
L'aspect le plus intéressant de cette pièce est, selon moi (au-delà de la dimension du témoignage), cette évolution, qui montre comment ces hommes peuvent se déconstruire, et s'éloigner de cette vision d'homme comme prédateur viril, grâce aux questionnements des uns et des autres, et aux différents points de vus présentés.
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